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Arithmétique et arcanisme ancien 6.51 “J'ai été surpris de trouver autant de fleurs en chemin. Avec leur couleur rouge intense, elles contrastaient énormément avec la verdure luxuriante des lieux... Mais le plus étonnant aura été la drôle de statue de bois qui nous barra la route !” Il y a environ cent ans, un volcan sous-marin proche de l'île est entré en éruption. Outre le risque de raz-de-marée, les nuages immenses de fumée dégagée finirent par bloquer les rayons du soleil, forçant les habitants à quitter, non sans regrets, leur terre natale. Si leurs navires parvinrent à échapper de justesse aux terribles vagues, ils furent assaillis par une pluie de roches envoyées dans l'atmosphère par le volcan, ce qui rendit l'exode plus périlleux que prévu. De plus, Aloalo regorgeait d'une grande quantité d'artefacts, allant des rapports de recherche d'arithmétique aux grimoires liés à l'arcanisme, tant et si bien qu'il fut impossible d'emporter tous ces objets hors de l'île. Beaucoup durent être laissés sur place, notamment “Lala”, le gardien de bois dont fait mention Matsya. Kalika nous a expliqué que si la créature avait réussi à survivre, la plupart des écrits avaient été engloutis par la nature ; au bout de plusieurs années, il n'en resta plus aucune trace. Bien qu'Aloalo soit aujourd'hui inhabitée, il existe en revanche d'autres îles encore peuplées dans l'archipel. Peut-être pourrions-nous y trouver des archives datant de l'exode ?
C'est du propre ! 6.25 Quelle surprise de découvrir que Silkie, l'ancien familier de ménage du palais sacré d'Ul'dah, appartenait en réalité à Mère ! Papashan l'ayant bien connue de son vivant, nous sommes allée l'interroger à ce sujet (évidemment de façon détournée, sans rien lui révéler de nos virées souterraines). Selon ses dires, Mère était très à cheval sur la propreté, au point que dès son arrivée au palais, elle s'était mise à en éponger les coins et recoins elle-même. Catastrophées à l'idée que l'épouse du sultan se salisse les mains, ses servantes n'avaient eu d'autre choix que de soustraire à sa vue tout le nécessaire de nettoyage. Cependant, cela n'arrêta pas leur maîtresse, qui engagea alors un mage sharlayanais pour lui apprendre à créer un familier de ménage géant : Silkie. Dès qu'il apercevait la moindre trace de crasse, le rongeur se ruait aussitôt dessus, quitte à bousculer au passage quelques casques d'argent... Il était apparemment devenu une attraction locale lorsqu'un beau jour, on ne sait trop quand, il disparut du palais. Le conflit avec les monétaristes s'in­ten­si­fiant, on peut imaginer que Mère lui ait confié la garde de son jardin secret, sachant qu'elle aurait moins le temps d'y flâner. Quelle hardiesse tout de même ! C'était déjà osé de sa part de créer un tel familier, mais qu'elle l'ait en plus doté d'une force prodigieuse... C'est le pompon, pourrait-on dire !
Des fruits au parfum capiteux 7.45 “Le camelot tendit un fruit juteux à son garde du corps pour le remercier de ses bons et loyaux services.” Malgré une texture légèrement différente, les pommes et les raisins que nous avons trouvés en chemin avaient un goût similaire à ceux de Vieille Sharlayan. Cela n'a rien d'étonnant, puisque les variétés que je consomme ha­bi­tuel­le­ment proviennent du Labyrinthos, dont l'environnement reproduit justement celui du sud du continent d'Ilsabard, où se trouve la région de Corvos. Des souches typiques de cette région ont donc na­tu­rel­le­ment été sé­lec­tion­nées. J'imagine que les différences mineures que j'ai décelées sont dues au fait que de nombreuses années se sont écoulées depuis la publication des Contes du Camelot, et que ces variétés de fruits ont ainsi été améliorées au fil du temps. En d'autres termes, cela signifie que les fruits que j'ai mangés lors de notre escapade littéraire étaient po­ten­tiel­le­ment les variétés originelles, telles qu'elles étaient cultivées dans l'ancienne région de Corvos ! D'ailleurs, j'ai entendu dire que l'occupation de la région par l'empire de Garlemald avait aussi grandement influencé l'agriculture locale, au point que certaines variétés pourraient même avoir totalement disparu... Pouvoir ainsi prendre en main et examiner ces fruits, véritables reliques d'un passé révolu, transforme un simple ouvrage de contes et légendes en une source historique inestimable. Je dois absolument partager ces in­for­ma­tions avec mes amis agronomes de l'académie de magie de Sharlayan !
Des prières au parfum de myrrhe 6.25 Nous voulions nous enquérir auprès des Amalj'aa d'un sujet précis concernant les canalisations sildiennes, mais nous ne sommes pas parvenue à l'aborder durant la dernière réunion générale. S'il venait à s'ébruiter que la sultane d'Ul'dah s'échappe en secret de ses appartements pour mener une enquête à l'abri des regards, cela aurait des répercussions fâcheuses sur notre garde du corps. Nous devons rester aussi discrète que possible. Ainsi, après la fin de la réunion, nous avons opté pour une con­ver­sa­tion privée avec le chef amalj'aa, que nous avons habilement fait dévier des banalités d'usage à la question des rites funéraires pratiqués par sa tribu. Nous lui avons appris qu'un sarcophage renfermant un guerrier amalj'aa zombifié avait été découvert, puis nous lui avons demandé de bien vouloir nous enseigner la manière adéquate d'accompagner son esprit dans l'au-delà. Visiblement interloqué, le chef nous a répondu qu'il ne fallait surtout pas toucher directement le cercueil, car cela perturberait le sommeil du guerrier. Voici la procédure à suivre durant la prière telle qu'il nous l'a décrite avec ses propres mots : “Tout d'abord, devant le sarcophage inclinez-vous. Ensuite, avec respect recueillez-vous, puis des grandes victoires du héros trépassé réjouissez-vous. Enfin, pour lui dire adieu agenouillez-vous.” En guise de conclusion à ce rite traditionnel créé pour faire honneur aux victimes des champs de bataille, le chef a précisé qu'il fallait brûler de la résine de myrrhe afin de purifier l'âme du défunt. En l'écoutant at­ten­ti­ve­ment, nous avons réalisé que notre ignorance des Amalj'aa et de leur culture était malheureusement bien plus grande que nous ne le pensions. Nous tâcherons de combler ce manquement de notre part dès que l'occasion se présentera.
Des souvenirs éclatants 6.51 “J'ai remonté un poisson brillant comme l'or, du jamais vu à Thavnair ! Aucun doute pour moi, il s'agit du maître des eaux d'Aloalo !” À l'époque où une épidémie de fièvre s'était abattue sur les jeunes enfants d'Aloalo, la viande des poissons pêchés dans les eaux du sanctuaire était transformée en boulettes et servie dans une soupe pour les malades, qui se rétablissaient alors rapidement. Les habitants constatèrent également que les petits soignés de cette manière grandissaient en bonne santé et ne souffraient plus d'aucune maladie. Depuis lors, la tradition voulut que chaque fois qu'un nouveau bébé naquit sur l'île, on lui offrit des boulettes de “gombessa”, le poisson doré du sanctuaire. Je suppose que la présence de la statue de la prêtresse et de son joyau aux pouvoirs étranges est sûrement la cause des vertus de cet animal. Il devrait en tout cas constituer un ingrédient alchimique de premier choix ! Bien que je connaisse Matsya depuis l'enfance, nous n'avons jamais eu l'occasion d'œuvrer main dans la main sur un même projet, en partie à cause de nos professions respectives si différentes. Je suis ravi d'avoir pu enfin passer un peu de temps en sa compagnie, notamment grâce à l'arrivée impromptue de l'adorable Kalika, mais également en raison des expéditions à Aloalo qui m'ont permis d'étudier des matériaux alchimiques rares. J'ai commencé à écrire ce carnet dans l'espoir qu'il serait utile à Matsya et à Player. Toutefois, plus je le remplis, plus j'ai l'impression qu'il réunit l'essentiel de notre col­la­bo­ra­tion ainsi que les souvenirs impérissables qu'elle nous a laissés. Je suis vraiment très re­con­nais­sant d'avoir pu participer, à ma façon, à une si grande aventure.
Drapeaux et symboles 6.25 Lorsque nous avons posé les yeux sur le drapeau national sildien, nous nous sommes rappelé à quel point Ul'dah et Sil'dih partageaient des racines communes, notamment en raison de la gémellité de leurs souverains. Toutefois, ce n'est pas la seule et unique raison pour laquelle leurs bannières se ressemblent autant. Du temps de Belah'dia, la balance de la justice portait sur ses plateaux le feu sacré et le raisin. C'est par la suite qu'Ul'dah hérita symboliquement du feu, signe de pouvoir, tandis que Sil'dih s'appropria le raisin, signe de sagesse ; quant au joyau incarnant la richesse et au casque re­pré­sen­tant la force, ils servaient à maintenir l'équilibre de leurs plateaux respectifs. Si les Uldiens et les Sildiens se sont autant inspirés de Belah'dia pour leurs drapeaux, c'était aussi parce que chacun des deux peuples successeurs voulait prouver à l'autre la supériorité de sa légitimité. En outre, malgré leur identique volonté de mettre en avant une repré­sen­ta­tion de l'idée de pouvoir sur leur étendard, celui envisagé par Ul'dah est prin­ci­pa­le­ment lié à la magie, tandis que celui de Sil'dih se rapporte en premier lieu à l'art de la guerre, ce qui indique une divergence de vues fondamentale. À ce propos, il nous paraît désormais évident que les gladiateurs qui s'affrontent dans notre Colisée sont davantage en symbiose avec la vision sildienne. En y réfléchissant de plus près, la statue géante que notre garde du corps a affrontée au fond du palais en affichait également tous les symboles. Son casque était décoré de raisin aux motifs subtils ; quant à son armure, elle brillait du même éclat argenté que la balance sildienne, malgré le manque de luminosité des sous-sols. Quand nous pensons qu'elle devait errer là depuis une éternité, remplissant seule son devoir de gardienne malgré la disparition de ses maîtres, les larmes nous montent aux yeux...
Formes de vie en conditions extrêmes 7.45 “Dans un ravin où de lourds rochers lévitent, le moindre pas en avant peut s'avérer fatal.” Certaines espèces sont capables de survivre dans n'importe quel environnement, même les plus hostiles. D'ailleurs, si je puis me permettre une opinion personnelle, les plus robustes sont généralement les plus savoureuses ! Les champignons qui poussent sur les parois du ravin en sont une illustration parfaite : leur aspect et leur texture étaient durs comme la pierre, mais en bouche, ils fondent sur la langue telle la neige au soleil. Un véritable délice, ni plus ni moins ! En outre, avec un goût aussi intense, c'est un as­sai­son­ne­ment idéal pour rehausser la saveur de divers plats. En parcourant les pages d'une encyclopédie pour trouver des champignons similaires, j'en ai découvert un composé de puissants éléments hallucinogènes. Ce genre d'effet secondaire était sans doute impossible à reproduire dans un univers virtuel comme celui du livre ; malgré cela, il est bon de rappeler que la consommation de champignons aux propriétés inconnues doit être évitée à tout prix. Mieux vaut toujours faire attention à ce qu'on mange, tout comme on regarde où on met les pieds dans un ravin où les pierres ont l'idée saugrenue de flotter dans les airs.
L'armure impie 6.45 Môko, le guerrier sauvage invaincu du temps des guerres intestines... L'armure qu'il portait de son vivant avait été conservée pré­cieu­se­ment, héritée de génération en génération. Or, alors qu'elle était censée reposer à jamais dans sa remise, elle fut découverte un matin dans le jardin de la demeure, couverte de sang. À ses côtés gisait le corps sans vie d'un homme, im­mé­dia­te­ment soupçonné d'avoir cherché à s'en emparer... On en conclut que l'âme de l'illustre guerrier avait vaillamment protégé son bien, l'empêchant d'être dérobé à ses descendants. Mais l'héritier de Môko, qui craignait que l'armure ne cède à nouveau aux instincts belliqueux de son ancêtre, ne s'en réjouissait guère. Après avoir longtemps hésité, il finit par faire offrande de son trésor familial au Shôjôin. Les Orientaux croient dur comme fer que les dieux habitent certains artefacts, mais les contes et légendes traitant de ce sujet sont souvent emplis de contradictions. Ils confondent ré­gu­liè­re­ment des manifestations naturelles comme les golems ou les élémentaires avec des créatures du néant, des spectres, voire des pantins ayant acquis une âme. Nul doute que l'armure de Môko était habitée par l'une de ces entités, mais maintenant qu'elle a été vaincue, sa véritable nature restera à jamais secrète. Dans un endroit aussi chargé en énergie spirituelle que le mont Rokkon, elle n'a visiblement eu aucune difficulté à absorber de grandes quantités d'éther, ou à rassembler suf­fi­sam­ment d'esprits pour devenir réellement massive. Fort heureusement, je n'ai pas subi le même sort que le pauvre hère qui a autrefois tenté de la voler. J'espère que la chance continuera de me sourire.
L'essor des forgerons 6.45 La légende de Nanakusa, le fabricant d'outils agricoles venu du nord de Shishû qui devint forgeron de sabres, est un conte connu de tous en Hingashi. Parmi ses créations les plus connues figurent quatre sabres inspirés des animaux sacrés : deux d'entre eux, appelés “l'empereur écarlate” et “l'empereur azuré” tombèrent entre les mains de monstres ; les deux autres sabres, “l'empereur de nacre” et “l'empereur d'ébène” sont toujours entourés de mystère. Ces armes magistrales lui offrirent une solide réputation en tant qu'éminent forgeron, et on raconte qu'elles apportent chance et fortune à leur pro­prié­taire. L'empereur de nacre, en particulier, est souvent comparé à un autre katana de légende : “le tourbillon tailladant”. D'après les in­for­ma­tions de Tsubaki, Nanakusa aurait installé sa forge dans les environs du mont Rokkon, attirant ainsi d'autres artisans, ce qui finit par établir la renommée de la région dans le domaine de la création de sabres. Alors que les fourneaux étaient de plus en plus nombreux, les rites religieux dédiés aux divinités du feu firent également leur apparition. Le premier et le plus important est sans conteste le festival dit des “trois lanternes”, où des forgerons déposent une flamme au cœur de lanternes de pierre. Ces dernières symbolisent les prières pour les divinités du feu, afin de protéger le travail des artisans du passé, du présent et de l'avenir... Les théories sur l'origine de ce festival et sa si­gni­fi­ca­tion sont nombreuses ; toutefois, la plupart ont en commun la présence du nombre trois, considéré comme porte-bonheur.
L'honneur du guerrier 6.45 On trouve en Hingashi de nombreuses pierres incantatoires disposées en divers endroits et servant à prévenir les tremblements de terre. Il en existe justement plusieurs au mont Rokkon, auxquelles serait associée une légende. Celle-ci raconte qu'un jour, un guerrier en pèlerinage passa devant une des pierres. Au moment où il se mit à prier, un monstre féroce apparut devant lui, le corps couvert d'outils agricoles. La créature fondit sur lui, mais il se défendit vaillamment à l'aide de son naginata, qu'il planta pro­fon­dé­ment dans la chair de la bête. Elle se tordit de douleur et, dans sa fureur in­con­trô­la­ble, se heurta violemment contre la pierre... C'est alors qu'un grondement terrible retentit sou­dai­ne­ment dans la montagne. Surpris par ce qu'il croyait être un séisme, le guerrier lâcha son arme ; le monstre en profita pour prendre la fuite, emportant avec lui le précieux naginata... De son côté, l'homme entreprit d'essuyer le sang qui souillait la pierre sacrée. Lorsqu'il eut terminé, le grondement cessa comme par magie... Depuis lors, plus aucune catastrophe ne frappa le mont Rokkon. Il existe de multiples versions de cette légende en fonction des régions : dans certaines, le guerrier tue la bête ; dans d'autres, c'est le hurlement sinistre de cette dernière qui provoque le grondement de la terre. Hingashi étant depuis la nuit des temps une contrée sujette aux séismes, son folklore regorge de contes similaires mettant en scène un combat contre une créature surnaturelle, véritable incarnation des forces divines. Quant aux pierres incantatoires, certains savants sharlayanais avancent qu'elles peuvent être considérées comme un type d'artefact magique, et proclament même le plus sé­rieu­se­ment du monde que leurs facultés d'apaisement des flux terrestres sont véridiques.
L'étrange familier 6.51 “Un type louche a envoyé d'étranges statues animées à nos trousses. On aurait dit des guhasaya, c'était horrible !” Lorsque Matsya m'a parlé de ces sculptures en bois capables de se mouvoir, j'ai im­mé­dia­te­ment pensé à des golems. J'avais entendu dire qu'en Orient, il existait même des automates de bois qui servaient de golems de combat... Mais quand j'en ai touché un mot à Kalika, il m'a expliqué que les anciens habitants d'Aloalo utilisaient un type de familiers appelés “Quaqua”. J'imagine que ce sont les statues vivantes que nos amis ont eu le malheur de croiser. Il reste en outre d'autres créatures similaires sur l'île, qui peuvent s'avérer agressives envers d'éventuels intrus. Il vaut mieux donc garder l'œil ouvert en permanence. L'arcanisme ancestral des îles méridionales considérait les joyaux comme des objets à mi-chemin entre le vivant et l'inanimé. Voilà pourquoi ils servent de cœur aux familiers qui en sont presque systématiquement pourvus. D'ailleurs, en réfléchissant bien, on peut très bien traiter le bois en tant que matière entre l'animé et l'inanimé. Avant que l'usage des joyaux ne se répande, le bois était donc na­tu­rel­le­ment un choix privilégié dans la confection de familiers. Si le fameux “type louche” dont parle Matsya a réussi à réveiller ces créatures et à leur donner des ordres, il doit vraisemblablement posséder une grande affinité pour la magie arcanique.
La clef des souvenirs 6.25 Pour notre cinquième anniversaire, nos parents nous offrirent une clef en argent, sans toutefois nous en préciser l'utilité exacte. “Lorsque tu seras devenue une grande et gente dame, nous t'emmènerons découvrir un lieu qui nous est cher”, disait Mère. “Un lieu chargé d'histoire uldienne”, renchérissait Père. Pour l'enfant que nous étions, c'était comme recevoir un cadeau sans être autorisée à l'ouvrir – assez frustrant, il faut bien le dire... Néanmoins, nous gardons, avec le recul, un souvenir ému de ce moment. Quelque temps plus tard, nos parents rejoignaient tous deux le royaume de Thal ; une séparation brutale, qui nous laissait seule et désemparée face aux res­pon­sa­bi­li­tés de sultane qui nous incombaient désormais. Nous avancions, pleine de tristesse et de doutes, comme à travers un désert au sable tantôt brûlant, tantôt glacial. La clef ? La promesse de nos parents ? Ce lieu si cher à leurs yeux ? Oubliés, perdus dans un coin de notre mémoire. Pourquoi nous avoir fait un tel cadeau, et si précocement ? Pressentaient-ils le malheur qui allait s'abattre sur eux ? Ou y avait-il une autre raison que nous ignorons ? Nos parents ne sont plus là pour nous répondre, mais nous avons malgré tout une certitude : cette clef n'est pas entre nos mains par hasard.
La grande pipe sacrée 6.45 La légende raconte que cette pipe a le pouvoir de faire de son possesseur le plus heureux des hommes, ou au contraire de lui infliger un destin misérable. Je ne peux m'empêcher de penser que cette histoire à dormir debout est née de l'imagination d'une personne cherchant dé­ses­pé­ré­ment une explication à son sort... Cependant, étant donné l'avidité de Gôrai pour les objets précieux, ainsi que l'énergie spirituelle intense dans laquelle baigne le mont Rokkon, il est tout à fait possible que la grande pipe sacrée ait bel et bien été habitée par un esprit divin. Mettons-nous un instant à la place dudit moine, lorsqu'il rendit son dernier souffle : s'estimait-il heureux, entouré de sa riche collection d'artefacts, ou bien était-il dépité d'être devenu une créature monstrueuse rongée par une cupidité sans limites ? En fin de compte, je crois que le bonheur et le malheur sont des notions qui dépendent des sentiments de tout un chacun. Ayant moi-même grandi en tant qu'orphelin, j'aurais tendance à être rangé dans la catégorie des “malheureux”, mais ma vision personnelle des choses est tout autre. A contrario des idées reçues, cette jeunesse difficile m'aura permis d'apprendre l'art du commerce au fil d'innombrables rencontres et découvertes. Lorsque je repense au chemin parcouru, je me dis que la première moitié de ma vie n'était pas si mauvaise, après tout... J'ignore si le fait d'avoir croisé la grande pipe sacrée sur ma route y est pour quelque chose, mais aujourd'hui, je peux me considérer sans l'ombre d'un doute comme un homme heureux.
La jeune fille cupide 6.45 Il y a longtemps, dans un village agricole, vivait une jeune fille pieuse. Alors que la récolte de l'année était mauvaise, sa foi ne vacilla jamais et malgré la faim, elle continua de déposer des offrandes aux Dieux et à prier pour un meilleur avenir. Un soir, la divinité des montagnes apparut dans ses rêves et, à son réveil, la jeune fille découvrit un mystérieux marteau placé sous son oreiller. Il s'agissait du fameux “uchide no kozuchi”, le marteau d'humilité. Lorsqu'elle le secouait tout en priant, des grains de riz surgissaient, jaillissant comme l'eau d'une fontaine. Grâce à cette source de nourriture inattendue, la jeune fille survécut à la famine qui la menaçait. Mais avec le temps, elle oublia ses prières, devint arrogante et tomba dans les affres des jeux d'argent. Elle dépensait tellement que des mauvaises rumeurs finirent par se répandre à son sujet, et elle fut finalement tuée par un démon rouge venu subtiliser son marteau. Peut-être est-ce parce que je suis un marchand, mais je suis convaincu qu'il existe bien des moyens d'amasser des gils sans marteau magique... D'ailleurs, tout cela me rappelle ma première rencontre avec le seigneur Lolorito, alors que je n'étais qu'un orphelin vivant dans les rues d'Ul'dah. Il m'avait confié une généreuse somme d'argent en me disant : “On raconte que tu es bien débrouillard, jeune homme. Voyons voir si tu es capable de doubler cette somme en un jour !” Je savais évidemment à qui j'avais affaire, et je réussis non sans mal à lui restituer le montant convenu. C'est alors qu'il m'invita à rejoindre of­fi­ciel­le­ment la Firme du commerce de l'Aldenard oriental. Je me demande ce qui serait advenu de moi si, aveuglé par la cupidité comme la jeune fille de l'histoire, j'avais dépensé l'argent de Lolorito sans réfléchir...
La lame gravée de symboles 7.45 “Sur la surface de cette lame étaient gravés des motifs complexes et étroitement liés.” Le trésor enfoui dans les profondeurs du ravin était “l'épée du maître d'armes”. Son ornementation était splendide, au point de l'élever indubitablement en une œuvre d'art, mais ce sont surtout les motifs gravés sur la lame qui la distinguaient. En effet, l'école de la “Lame infrangible” utilisait une technique à base d'éther imprégné dans l'arme afin de lancer des attaques magiques ; selon toute vraisemblance, lesdits motifs servaient à compresser cet éther, augmentant ainsi la puissance des coups. Connaître l'origine de cette technique permet donc de comprendre pourquoi cette région servait de lieu d'en­traî­ne­ment aux épéistes qui la pratiquaient. Le champ magnétique du ravin était si puissant que les roches y lévitaient en permanence. L'ajout d'éther de foudre renforçait encore davantage le magnétisme, tandis que l'éther de terre l'affaiblissait. Il semblerait donc que la maîtrise de la manipulation de ces roches était directement liée à la progression dans la hiérarchie de la Lame infrangible. En parcourant les lieux, on constate pourtant que des pierres dotées de propriétés flottantes s'accumulent à certains endroits du sol. À l'instar d'un apprenti de cette école de bretteurs, il serait intéressant de les charger en éther pour étudier le résultat.
La sirène de la mer arc-en-ciel 7.45 “Du fond des mers résonne la complainte de la sirène. Tandis que lui parvient cette poignante mélopée, le camelot sent sa poitrine se serrer...” La sirène qu'a combattue Player au bout de la baie dégageait une étrange mélancolie... Peut-être est-ce parce que l'esprit de la lampe m'avait, lui, frappée par son côté enjoué, mais je n'ai pu m'empêcher de noter la tristesse dans son regard, et de m'y attarder alors même que l'histoire suivait simplement son cours. Maintenant que j'y pense, il n'y a pas que dans la région de Corvos que l'on trouve des récits mettant en scène des sirènes. Souvent, elles sont dépeintes comme des créatures perfides, aguichant les marins pour mieux les entraîner au fond des océans. Mais nombre de contes les décrivent également comme amies ou amantes d'êtres humains. Dès lors, n'aurait-il pas été envisageable, dans l'ouvrage qui nous intéresse, d'ouvrir le dialogue avec notre sirène, voire de sympathiser avec elle ? Durant l'af­fron­te­ment, elle s'est servie de son chant pour contrôler des créatures marines. J'en déduis qu'elle possède une affinité par­ti­cu­liè­re avec la musique. Si nous ne pouvons communiquer avec elle par les mots, peut-être y parviendrons-nous à travers des mélodies. Cela dit, je doute qu'elle puisse entendre nos voix, à moins de trouver un moyen de les faire résonner dans l'eau...
Le Dieu des mers et des cieux 6.51 “L'étrange baleine volante que nous avons croisée était aussi colorée qu'une étoffe thavnairoise... Par contre, je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit si virulente, on a vraiment eu chaud !” Les légendes autour de la baleine volante des îles méridionales sont légion. Kalika nous a raconté que, bien que cette créature soit avant tout connue sous le nom de “choc-gueule”, les habitants d'Aloalo l'appelaient Ketuduke, et la considéraient comme une envoyée des Dieux. En apprenant cela, le pauvre Matsya fut pris d'un soudain cas de conscience, persuadé d'avoir abattu une créature sacrée. Afin d'apaiser les craintes du brave pêcheur, notre ami à plumes lui a recommandé d'offrir une prière devant la statue de baleine située sur l'île. La procédure à suivre pour reproduire le rituel comme l'aurait fait un autochtone étant fastidieuse, j'ai choisi de la noter. Tout d'abord, il faut trouver l'autel où sont déposées les statues en bois des divinités animales. Ensuite, devant la sculpture de baleine, le pèlerin doit entonner le chant suivant : “Ô Dieu qui parcourt l'horizon !”, pour obtenir sa bénédiction. Il faut ensuite entamer un tour complet autour des statues des Dieux, dans le sens des aiguilles d'une montre, puis à nouveau dans le sens contraire, et terminer le rituel par une danse devant la statue de la baleine. Ces pratiques sont pour le moins singulières, mais le culte des divinités de la nature n'est pas sans rappeler les différentes religions présentes à Thavnair.
Le courage du paysan 6.45 Dans un petit hameau situé aux abords du mont Rokkon, un jeune paysan travaillait son champ d'arrache-pied quand il fut soudain interrompu par des cris stridents. En levant les yeux, il aperçut une repoussante créature en train de s'en prendre à des villageois. Il fut aussitôt tétanisé d'effroi, tandis que lui revenait à l'esprit cette rumeur selon laquelle un monstre mangeur d'hommes avait causé des ravages dans plusieurs bourgs environnants. “Si je ne fais rien, tous mes proches vont y rester !”, pensa-t-il cependant ; et c'est ainsi qu'il prit son courage à deux mains, et jeta ses outils à la figure de la bête féroce. Par chance, il parvint à atteindre l'un des points faibles du monstre, le forçant à détaler en direction des montagnes en lâchant un couinement apeuré. Cet exploit resta bien évidemment dans les annales, et les villageois prirent l'habitude de le commémorer, en lançant à l'occasion des outils agricoles sur une monstrueuse effigie faite de bottes de paille nouées entre elles. À ce propos, j'ai été surpris de constater que l'outil découvert portait la signature de Nanakusa. On le connaît en tant que forgeron, mais fut un temps où il gagnait sa vie en fabriquant du matériel pour les paysans locaux – un peu comme cet artisan employé de Rowena, qui passe son temps à con­fec­tion­ner des bouilloires pour rembourser sa dette de boisson... À vrai dire, il y aurait beaucoup à raconter au sujet de Nanakusa ; j'ai notamment entendu dire que c'était un grand admirateur des quatre animaux sacrés, et qu'il avait disposé des statues d'eux aux quatre coins de son atelier.
Le goûteur de poison 6.51 “De toute ma vie de pêcheur, jamais un poisson ne m'aura donné autant de fil à retordre !” Ce barracuda dragon ferré par Matsya a la particularité d'emmagasiner dans son corps le poison contenu dans sa nourriture, le rendant impropre à la consommation. Toutefois, il n'est pas toxique à l'état naturel, ce qui laisse croire qu'il existe des spécimens “sains” quelque part dans la nature. Sachant cela, je doute que quiconque soit assez fou pour prendre le risque de goûter la chair sauvage de cet animal, mais plus j'y pense, plus je me dis que certains parmi mes confrères seraient prêts à mettre leur vie en jeu pour l'amour de la science. Heu­reu­se­ment, les archives du Grand Œuvre contenaient déjà des in­for­ma­tions détaillées sur ce poisson, évitant ainsi tout risque pour la santé. Les toxines accumulées dans son corps sont similaires à celles trouvées chez les hamsa, et peuvent servir d'ingrédient alchimique. L'île d'Aloalo offrant une nature foisonnante, on peut imaginer que cet animal dispose d'un large panel de nourriture. Kalika nous a par ailleurs expliqué que les habitants de l'île l'affectionnaient par­ti­cu­liè­rement pour ses vertus de grand nettoyeur des fonds marins. Lorsqu'ils en pêchaient un, ils le relâchaient im­mé­dia­te­ment après lui avoir adressé une prière en guise d'excuses. Je me demande si Matsya a bien fait d'en ramener un avec lui...
Le joyau du peuple de la mer 7.45 “Protégée par un socle de corail, cette perle enveloppée d'une lumière ondoyante fascinait quiconque la regardait par sa beauté éblouissante.” Le trésor laissé par la sirène brillait d'un éclat mystérieux. Même son support de corail était magnifique, arborant une teinte à la fois blanche, bleue et rose, comme s'il avait capturé l'ensemble des couleurs de l'océan. Tout porte à croire que la sphère en son centre est une perle, dont la taille indique qu'elle appartenait à un coquillage encore plus gigantesque. Ce dernier a cer­tai­ne­ment bénéficié des bienfaits de cet environnement marin, propice à sa croissance. J'ai pu examiner at­ten­ti­ve­ment ce trésor pendant que nous le transportions, et la perle était dans un état impeccable, sans aucune éraflure. Cela prouve qu'elle a été conservée avec grand soin, même au fond de l'eau. Mal­heu­reu­se­ment, l'éclat incomparable de ce trésor n'est pas parvenu à redonner la joie de vivre à la belle demoiselle. L'histoire se termine sur ce constat accablant, mais je me demande ce que le camelot a ensuite fait de la perle... A-t-il malgré tout décidé de l'offrir à sa bien-aimée ? Ou bien a-t-il choisi de suivre son conseil et de la vendre dans l'espoir de trouver le bonheur ? Cette perle doit ef­fec­ti­ve­ment valoir une fortune... Et pourtant, malgré sa beauté, sa valeur matérielle ou même sa rareté, elle n'a pas réussi à émouvoir la triste jeune fille.
Le luthier et la musicienne 6.45 Il était une fois un artisan qui avait mis tout son cœur et son art dans la fabrication d'un biwa, une variété de luth oriental. Il était si fier de sa création qu'il hésitait à la confier à un musicien ordinaire. Le temps passa et il ne parvint pas à choisir une seule personne capable d'apprécier son biwa à sa juste valeur, mais alors qu'il atteignait le crépuscule de sa vie, l'artisan trouva enfin celle qu'il avait si longtemps cherchée. Une musicienne apparue sans crier gare lui interpréta un morceau d'une pureté tel un clair de lune ; ayant gagné ses faveurs, elle put repartir avec l'instrument. Par la suite, elle traversa tout le pays de Hingashi, son biwa à la main, captivant les gens par ses performances partout où elle passait. Or, lorsque l'artisan rendit son dernier souffle, la musicienne et son instrument disparurent également... Si beaucoup se remémoraient ses concerts avec émotion, le bruit courait que cette femme était en vérité le tsukumogami du biwa, une divinité qui possède les objets. Les tsukumogami possèdent de nombreuses formes, et sont capables de bonnes comme de mauvaises actions. En règle générale, les objets ayant une longue histoire sont très prisés des amateurs d'antiquités, et leur valeur augmente encore plus s'ils abritent une divinité – à condition qu'elle soit bien­veil­lan­te, comme celle du biwa. Lorsqu'un objet renferme un mauvais tsukumogami, il a nettement plus de chances de trouver preneur après avoir été exorcisé.
Le maître de la Lame infrangible 7.45 “L'adepte de la Lame infrangible manie une seule épée aux multiples facettes.” Au bout du chemin se trouvait le maître d'armes de la Lame infrangible, une technique ancestrale de la région de Corvos. Voir l'un d'entre eux se mettre en travers de notre route fut une véritable surprise, car ils étaient censés avoir été éradiqués au cours des conflits contre l'empire de Garlemald. Certes, quelques-uns ont vaillamment résisté jusqu'au bout, mais ils furent tous éliminés jusqu'à ce que le dernier d'entre eux soit capturé et connaisse une fin des plus tragiques. On raconte aussi que les adeptes de la Lame infrangible effectuaient des danses martiales afin de prouver leur loyauté envers leur souverain, mais cette tradition s'est également perdue. En ce qui concerne ce genre de performance scénique, il se trouve que les Contes du Camelot contiennent un spectacle de danse similaire dans un décor arc-en-ciel. Toutefois, il n'est pas destiné à la royauté, mais à un autre peuple. Or, si l'objectif du roi était d'augmenter sans fin sa puissance, quel était celui de ce nouveau public ? Il est essentiel de comprendre ces subtilités culturelles afin de prévoir le déroulement de l'histoire et d'agir en conséquence au sein du récit.
Le message du cœur 6.25 Par-delà les canalisations sildiennes qui serpentent dans les souterrains de notre cité, nous sommes parvenue jusqu'à une chambre forte contenant des trésors inestimables. En tête de leur inventaire figuraient les mots suivants : “À la famille royale uldienne, dans l'intérêt de son peuple et des peuples voisins.” Et juste en dessous, la signature du dernier sultan de la dynastie des Thorne... Les pages suivantes contenaient une liste des noms des souverains uldiens ; le dernier d'entre eux était celui de Père. Calée entre les deux pages suivantes, nous découvrîmes une lettre manuscrite où nous reconnûmes im­mé­dia­te­ment son écriture : “Puisse notre fille Nanamo être celle qui lira cette lettre...” La suite du texte expliquait la raison d'être de la salle au trésor : conserver les preuves de l'alliance passée entre les humains et les Amalj'aa. Son existence ne devait être connue que des membres de la famille du sultan, et son secret transmis de manière exclusivement orale. Cependant, en raison de cir­cons­tan­ces indépendantes de sa volonté, Père avait jugé in­dis­pen­sa­ble de prendre la plume et de coucher certains éléments sur le papier afin de parer à toute éventualité. “Nanamo, notre enfant... Comme tu dois être belle maintenant que tu as atteint la fleur de l'âge ! Nous ne doutons pas que tu seras à la hauteur de ton rôle de sultane malgré les nombreuses difficultés qui se dresseront sur ton chemin. Quand leur poids sera trop lourd pour tes frêles épaules, n'oublie pas que pour ta mère et nous, tu seras toujours notre plus grande fierté. Puisses-tu garder toujours sur ton visage ce joli sourire et ces charmantes joues roses qui ne t'ont jamais quittée depuis le berceau.” Père, Mère... Merci pour tout votre amour et votre soutien. Ce sourire qui orne nos joues roses au moment où nous écrivons ces lignes, nous vous le dédions.
Le poids du péché 6.25 Quelle macabre découverte que ce guerrier amalj'aa enfermé dans son sarcophage... Sans doute a-t-il subi, durant la chasse aux zombis, une blessure par laquelle le mal s'est insinué dans sa chair... La poudre putréfactrice, préparation interdite permettant de ranimer les morts, fut mise au point jadis par des occultistes uldiens. Notre Cité l'employa contre sa rivale Sil'dih ; comble de la perfidie, le sultan Sasagan III accusa l'état-major sildien d'avoir concocté la poudre pour transformer ses propres citoyens en soldats serviles. En fin de compte, il fut traduit en justice par les Thorne, lors d'un procès qui signa la fin de la première dynastie des Ul. Cependant, le mensonge d'État lui survécut, et perdure encore aujourd'hui. Cette histoire falsifiée est la résultante de volontés multiples : celle des Ul, qui se seraient accrochés au pouvoir par tous les moyens, et celle de l'ordre de Nald'thal, qui entretenait des liens étroits avec les occultistes. Évidemment, un grand nombre d'Uldiens auraient également refusé d'admettre que leur cité s'est construite sur les ruines d'une autre, au prix d'un ignoble crime de guerre. Pourtant, nous avons la conviction que l'avenir ne s'envisage qu'en raccord avec le passé. L'image de cet Amalj'aa déchu nous rappelle à nous, descendante des Ul, la res­pon­sa­bi­li­té qui pèse sur nos épaules. À l'instar d'Ishgard, le moment est peut-être venu pour Ul'dah de renouer avec toute son histoire, aussi douloureuse soit-elle.
Le poisson de la sagesse 6.51 “Qui aurait pu croire que des poissons se cachaient au cœur d'un arbre gigantesque ? Je n'ai pas l'habitude de pêcher en eau douce, mais c'est tout aussi plaisant !” D'après Kalika, le poisson que Matsya a ramené s'appelle “Wholokailo”. Les anciens habitants d'Aloalo utilisaient ses écailles séchées qu'ils polissaient et arrondissaient pour servir de boules dans les abaques. Sans compter que sa chair était également très appréciée, on avait même coutume de l'appeler af­fec­tueu­se­ment “le poisson qui rend intelligent”. Mon instinct d'alchimiste brûlait d'envie de vérifier si les nutriments le constituant possédaient véritablement un effet bénéfique pour le cerveau, ou s'il s'agissait simplement d'un vieil adage d'arithméticien. J'ai donc entrepris des recherches poussées sur le spécimen apporté par Matsya, et le résultat fut sans appel... La partie comestible de ce poisson ne présente aucun élément rare ou par­ti­cu­liè­rement remarquable. Plus surprenantes en vérité sont ses écailles qui, une fois séchées, possèdent des vertus médicinales et fournissent des ingrédients alchimiques très utiles. Si quelqu'un souhaite “devenir intelligent” en consommant ce poisson, il reste la possibilité de le griller à la broche avant de le manger entièrement... Toutefois, même cuisinées de cette manière, les écailles restent ex­trê­me­ment dures et très amères. Je recommanderais plutôt de les sécher puis de les broyer en une fine poudre afin d'en faire des pilules.
Le poisson lalafell 6.51 “J'ai déniché un poisson vraiment pas commun ! Sa tête ressemble à celle d'une personne, j'oserais même dire qu'il est mignon !” Même si mon amitié avec Matsya remonte à bien longtemps, nous ne sommes pas toujours en accord sur tous les sujets, et ce poisson fait partie de nos rares causes de discorde. Si je devais être par­fai­te­ment honnête, je trouve que la créature qu'il a ramenée d'Aloalo est tout simplement cauchemardesque. Je pense que lui et moi possédons des critères de “mignonnitude” totalement irréconciliables, car personne ne me fera croire qu'une poiscaille à tête d'ahuri puisse surpasser l'adorable Kalika ! Quoi qu'il en soit, laissons de côté ce triste désaccord avec mon vieil ami pour le moment. Lorsque j'ai interrogé Kalika à propos de cet étrange poisson, il m'a répondu que les habitants de l'île d'Aloalo l'avaient baptisé “Lalaulusu”. Ils racontaient que cette créature était en vérité un Lalafell tombé dans les eaux un jour de tempête, et se servaient de cette légende pour mettre en garde les enfants de ne pas s'aventurer dehors quand les éléments se déchaînent. Même si j'aimerais croire qu'il ne s'agit que d'un conte né de la sagesse populaire, je me trouve face à un dilemme éthique quant à savoir si nous pouvons utiliser ce poisson comme ingrédient alchimique ou non. Rien que d'imaginer cette histoire s'avérant exacte... j'en ai des frissons dans le dos !
Le prêtre onmyo distrait 6.45 Autrefois vivait un prêtre onmyo renommé pour sa dextérité ex­cep­tion­nelle. Coup du sort, son don d'artisan semblait avoir été accompagné d'une funeste malédiction, car les objets magiques qui naissaient de ses mains habiles finissaient toujours par être égarés. Pour ranger ses créations, le prêtre eut un jour l'idée de fabriquer des boîtes, enchantées de manière à ce qu'elles retournent auprès de lui si elles venaient à être perdues. Mal­heu­reu­se­ment, il fut distrait jusqu'au bout des ongles, n'ayant pas envisagé que les boîtes renfermant ses objets magiques lui reviendraient vides, leurs trésors à jamais perdus. Tokimori m'a informé que plusieurs de ces boîtes se trouvaient au Shôjôin, et que certaines avaient même pour fonction de contenir la puissance des objets magiques qu'elles protégeaient. C'est le cas de la boîte du sabre vampirique que j'ai trouvée. L'autre boîte conçue pour le dogû, qui a causé bien du désordre, reste introuvable. J'ai cru comprendre que cette étrange statuette avait la particularité de revivifier la flore environnante... si tant est qu'on incline respectueusement la tête devant son autel avant de l'y installer, car placé entre de mauvaises mains, le dogû pourrait semer le chaos dans les montagnes avoisinantes. Certains artefacts comme celui-ci devraient être mis en lieu sûr dans les plus brefs délais.
Le ravin magnétique 7.45 “Là-bas, tout était sens dessus dessous : de gros rochers flottaient dans les airs, tandis que des petits cailloux s'enfonçaient lourdement dans le sol.” S'il existait un concours des paysages insolites, celui-ci décrocherait sans doute la palme. Dans ce fameux ravin, les rochers sont baignés d'une étrange énergie magnétique qui, en réagissant avec l'éther environnant, les fait léviter comme s'ils ne pesaient rien. Seulement, cet équilibre est précaire : s'il se rompt ne serait-ce qu'un instant, les pierres se mettent aussitôt à choir... Bonjour la surprise ! Au fond de la vallée, Player a combattu une sabreuse par­ti­cu­liè­rement habile. Se languissait-elle depuis toujours d'un adversaire digne de ce nom ? Ça ex­pli­que­rait pourquoi elle s'est jetée sur nous sans autre forme de procès. Sachant qu'au Proche-Orient, la coutume est normalement de se saluer en s'inclinant respectueusement... Si nous avions respecté l'étiquette, nous aurions fini le crâne fendu en deux ! Je me suis renseignée à notre retour : apparemment, il existait jadis dans la région de Corvos une école ancestrale d'escrime baptisée la “Lame infrangible”, dont les en­traî­ne­ments se déroulaient justement au cœur d'une vallée. La règle d'or de ses membres était de défier au combat quiconque s'aventurait sur leur territoire. Ceux qui parvenaient à réchapper de leur séjour en ce lieu étaient reconnus à juste titre comme des épéistes émérites. Quant aux autres, eh bien... Paix à leurs âmes.
Le sabre ensanglanté 6.45 Du temps où Hingashi était ravagé par les guerres intestines, un guerrier sanguinaire grava son nom dans le marbre de la légende en terrassant un nombre im­pres­sion­nant de généraux ennemis. Je veux bien sûr parler de Môko l'invincible, in­é­bran­la­ble tel un tigre féroce. Sa puissance était telle que son maître lui-même vint à la craindre. Accusé à tort de trahison, Môko fut assassiné, la tête tranchée à l'aide de son propre sabre qu'on lui avait perfidement dérobé. Personne ne saurait dire si c'est la colère de son pro­prié­taire ou la rancune de ses trop nombreuses victimes qui donnèrent à ce sabre la couleur de sang dont il se teinta par la suite. On eut beau tenter d'essuyer la lame avec moult papiers, de l'affûter, et même de la purifier dans l'eau de la montagne sacrée en guise de dernier recours... Jamais elle ne retrouva sa couleur originelle. Bien au contraire, ce dernier rituel contribua à l'abreuver en éther, et c'est ainsi que le sabre se mua en une effrayante lame maudite, corrompant le cœur de ceux qui avaient le malheur de s'en emparer. Hélas, la montagne sacrée à laquelle je fais référence n'est évidemment nulle autre que le mont Rokkon. Selon les dires de Tokimori, c'est dans cette région débordante d'énergie spirituelle que se situe un lac où sommeille cette eau pure, ainsi qu'un temple renfermant de nombreux artefacts inestimables. Nul doute que certains trouveront facilement leur place dans ma collection ! Mais seul le vieux moine sait comment y parvenir, et pour l'instant, toutes mes tentatives se sont soldées par des échecs cuisants... Ma seule option est d'emprunter tous les autres chemins possibles pour m'y rendre.
Le sceau du moine 6.45 On raconte qu'un jour, un moine itinérant s'est rendu au mont Rokkon pour y méditer. Les conditions étaient idéales : nul vent ne soufflait, et l'on entendait à peine les feuilles frémir dans les arbres. Ainsi, lorsque retentit le bruissement de l'herbe que l'on foule du pied, signalant l'arrivée d'un intrus, l'ascète le perçut instantanément... Il crut d'abord qu'il recevait une visite impromptue et sortit de sa transe, mais ce qu'il vit n'était pas un être humain : une créature féroce, dont le corps était percé de divers outils ainsi que d'un naginata, se tenait devant lui ! Il reconnut alors Shishiô, le roi des chimères, et devant une telle menace, il empoigna aussitôt son khakkhara. La bête était certes blessée et ne cherchait qu'à survivre, mais il était dangereux de la laisser en liberté alors qu'elle avait déjà fait tant de victimes. Au bout d'une lutte acharnée, le moine parvint finalement à sceller Shishiô dans un rocher, et c'est afin de pouvoir veiller sur le sceau qu'il fonda par la suite le Shôjôin. Le khakkhara du moine, avec lequel il avait emprisonné la créature, n'est pas un bâton comme les autres : c'est une arme mystique dont le tintement des anneaux peut à la fois annihiler le mal et servir de moyen de défense. Je suis malheureusement incapable de me battre comme ce moine, mais un tel instrument aurait sans doute facilité mon ascension du mont Rokkon. Quoi qu'il en soit, je me félicite d'être parvenu au bout de cette aventure sans rencontrer de trop lourdes difficultés pour mes frêles épaules. S'il avait fallu crapahuter sur des piles de caisses en bois ou sur des falaises abruptes, je doute que je serais allé bien loin...
Le tapis volant 7.45 “Le tapis tissé d'étroits fils d'or fend le ciel nocturne dans un gracieux silence, telle une étoile filante.” Notre exploration du palais abandonné nous a permis de mettre la main sur un tapis magique. Après avoir été témoins de sa capacité à se déplacer dans les airs avec aisance et sa capacité à exécuter les ordres de sa pro­prié­taire féerique, je suis convaincue de l'authenticité de ce trésor inestimable. Comme la belle demoiselle le décrit dans le livre, cet objet est connu dans tout le Proche-Orient comme “un trésor fabriqué sur ordre d'un roi de la région de Corvos, par une fée qu'il avait envoûtée”. Les recherches d'un expert en folklore ont confirmé que cette légende remonte à une époque antérieure à l'écriture des Contes du Camelot. Par conséquent, ce livre possède aussi une grande importance ethnologique, car il offre un regard unique sur les coutumes populaires et les influences culturelles de l'ancienne région de Corvos. Ce n'est d'ailleurs que récemment, grâce aux progrès de la magie moderne, que l'on aurait réussi à créer des tapis magiques capables de transporter des voyageurs comme dans les contes et légendes. J'aimerais bien m'allonger à la manière de la fée et somnoler en me laissant porter dans les cieux, mais j'aurais trop peur de me retourner pendant mon sommeil et de tomber en cours de route...
Le trésor des Thorne 6.25 Les “canalisations sildiennes”, la “dynastie des Thorne”, leur “chambre forte”... Tous ces mots griffonnés au dos du bout de papier du pillard anonyme nous ont mis la puce à l'oreille. L'individu croyait-il vraiment que les Thorne avaient enseveli leurs trésors les plus précieux dans les entrailles de la terre ? Cela contreviendrait pourtant à leur réputation d'honnêteté et de transparence. Lorsque leur dernier sultan a rendu le pouvoir à la dynastie des Ul, personne à notre con­nais­san­ce ne s'est plaint de malversations financières ou de transferts illégaux d'objets précieux... De toute manière, une telle entreprise n'aurait jamais pu être menée à bien sans l'accord des Ul. Par conséquent, il est impensable que Père n'ait pas été au courant. Et en effet, en nous confiant la clef, Père nous a bien précisé qu'elle ouvrait le chemin vers “des souvenirs pro­fon­dé­ment enfouis dans la mémoire des Uldiens”... Peut-être était-ce cela qu'il voulait nous dévoiler une fois que nous serions devenue adulte ? Malgré tout le temps passé à retourner cette question dans tous les sens, nous n'avons toujours pas franchi le domaine des conjectures. La découverte du palais sildien nous a déjà fait grande impression, mais les paroles de Père laissent à penser que nous sommes loin d'avoir percé tous les mystères de ces sous-sols...
Le trésor rêvé 7.45 “Malgré les apparences, c'était l'assiette couverte de suie qui, aux yeux de la belle demoiselle, avait une valeur inestimable.” Les ruines enduites de cendres qui longeaient le bord de mer étaient celles du lieu natal de notre commanditaire. Les villageois avaient pour habitude de communiquer avec les sirènes par l'intermédiaire d'un autel, où ils leur faisaient des offrandes en puisant dans les produits de la terre et de l'océan... jusqu'au jour où l'apparition du monstrueux poisson géant Dandan bouleversât leur existence. Pensant pouvoir sauver les siens, un jeune homme courageux partit s'entraîner dans la montagne pour affronter l'horrible créature, mais celle-ci ne perdit pas son temps à l'attendre : face à la destruction impitoyable de son village, la demoiselle, n'ayant plus personne au monde, alla se réfugier dans la cité qui marque le début du récit. Aucun trésor ne pouvait apaiser le chagrin de la pauvre jeune fille, hormis l'assiette couverte de suie qui lui rappelait les souvenirs des moments heureux, et lui donnait ainsi le courage d'aller de l'avant sans se laisser abattre. Quant au camelot qui a risqué sa vie pour dénicher la seule chose qui comptait à ses yeux, nul doute qu'il se sera montré digne de sa confiance. Rapporter les objets demandés est la mission principale de tout glaneur, mais contre toute attente, il arrive parfois que le client lui-même ignore ce qu'il désire vraiment. C'est dans ces moments-là que l'idéal transmis par mon père prend tout sens : la capacité de découvrir, à travers l'écoute la plus attentive, ce qui a une valeur inestimable pour autrui.
Les miroitements de l'océan 7.45 “La surface de l'eau agitée par les vagues et la multitude de coquillages éparpillés sur le rivage reflétaient la lumière du soleil, semblant rivaliser d'éclat.” La mer nous a accueillies avec un spectacle époustouflant : tout ce qui s'offrait à notre vue brillait comme autant de pierres précieuses ! J'aimerais bien visiter cet endroit de nuit, car je suis convaincue que l'océan nous révélera une autre facette de sa beauté. D'ailleurs, j'ai cru comprendre que l'accumulation de débris microscopiques dans certaines parties du détroit de la région de Corvos, combinée à l'influence de l'éther ambiant, peut parfois teinter les parois rocheuses d'une douce couleur rose. Décidément, la nature et ses merveilles ne cesseront jamais de m'étonner ! Parmi les variantes des Contes du Camelot que j'ai consultées, une mer somptueuse sert justement de cadre au récit de l'édition de Radz-at-Han. Toutefois, l'intrigue était très différente de l'exemplaire que nous avons parcouru avec Player. Dans cette version, le camelot et son garde du corps traversent une grotte de corail, pénètrent dans un immense coquillage, puis se laissent guider par une étoile de mer jusqu'au fond de l'océan, où le roi des mers leur donne une perle rose étincelante qu'ils rapportent finalement à la belle demoiselle. Coraux, conques, étoiles de mer, perles... Tous ces éléments auraient pu se trouver sur notre route cette fois-ci, mais ils ne m'ont pas semblé avoir une grande importance. Peut-être existe-t-il des embranchements où ils jouent un rôle bien plus central ?
Les peuples d'Aloalo 6.51 “Aloalo est en de nombreux points similaire à Thavnair : la nature y est foisonnante et les richesses de la mer ne manquent pas non plus... Pourtant, l'île a été totalement abandonnée. Pourquoi donc ?” Même si Aloalo peut sembler paradisiaque au premier abord, la surface habitable de l'île est très réduite, les phénomènes climatiques fréquents, et les ressources plutôt limitées. Voilà pourquoi elle reste vulnérable aux catastrophes naturelles. Au cours de son histoire, l'île a connu plusieurs vagues de peuplement puis d'exode. D'après les divers récits que Kalika a pu collecter, les plus anciens occupants de l'île remontent à la fin de la 4e ère astrale. Mais lorsque frappa le cinquième fléau, que l'on décrit souvent comme une ère glaciaire, cette nation disparut totalement, laissant derrière elle la fameuse statue de leur prêtresse. Même s'il reste des preuves de leur existence, ses re­pré­sen­tants héritèrent du nom de “peuple oublié”. Le temps passa, et les populations qui finirent par s'installer au cours de la 5e ère astrale prirent goût à l'art de la navigation. Une partie d'entre eux s'en alla braver les océans, et se rendit même sur l'île de Vylbrand, où ils fondèrent la cité-État de Nym. Néanmoins, cette dernière fut détruite pendant le sixième fléau, et les descendants de ces pionniers se réfugièrent à leur tour sur Aloalo. Lors de l'ère suivante, l'arithmétique connut son essor sur l'île, et les plus hardis décidèrent donc de retenter leur chance sur Vylbrand, où ils établirent les premières écoles d'arcanisme. Mal­heu­reu­se­ment, il y a une centaine d'années, un terrible volcan sous-marin se réveilla, menaçant la vie sur Aloalo et poussant les habitants à l'exode. Voilà qui prouve bien l'adage : “L'Histoire n'est qu'un perpétuel recommencement !”
Les pétales du souvenir 6.45 Il était autrefois un prêtre onmyo qui avait prématurément perdu sa jeune épouse bien-aimée. Le pauvre homme vieillit sans jamais faire son deuil, et comme pour faire écho à son chagrin, le cerisier planté en l'honneur de leur union fleurissait de moins en moins au fil des années. Un jour, alors qu'il priait pour que l'arbre symbole des jours heureux retrouve sa splendeur d'antan, le dogû con­fec­tion­né par sa femme de son vivant – et qu'il conservait en souvenir d'elle – se mit à briller. Puis, comme par magie, le cerisier retrouva une seconde jeunesse dans les semaines qui suivirent. Convaincu qu'il s'agissait là d'un signe de son épouse pour le réconforter, il s'occupa ensuite de l'arbre comme de son propre enfant, chérissant printemps après printemps son éphémère manteau fleuri et menant une vie paisible jusqu'à la fin de ses jours. En écrivant cette histoire, je me remémore notre rencontre avec Yozakura, cette shinobi qui s'est mise en travers de notre route. D'après les dires de Tsubaki, elle a grandi dans un clan ninja appelé “Hanakakure”, au sein duquel elle a appris des techniques de ninjutsu très par­ti­cu­liè­res basées sur l'usage de fleurs. Envoyée au mont Rokkon par le seigneur Uzumibi, c'est alors qu'elle aidait des villageois à fuir une attaque que son destin bascula. Selon Tokimori cette fois, dans un geste désespéré, elle s'interposa entre un enfant resté en arrière et un monstre sur le point de le dévorer, payant héroïquement de sa propre vie pour qu'une autre soit épargnée. Si la Yozakura que nous avons affrontée n'était en fait que son cadavre animé par quelque entité malfaisante, j'espère au moins que son âme aura enfin trouvé le repos qu'elle mérite...
Les vestiges de la foi 6.51 “Nous nous sommes retrouvés au milieu des ruines, et il s'en dégageait une atmosphère par­ti­cu­liè­re, presque sacrée. Je pense que c'est le lieu où étaient vénérées les divinités d'Aloalo...” En essayant de comparer l'endroit en question avec ce qu'il connaissait de Thavnair, Matsya m'a expliqué qu'il lui rappelait le temple du Purusa dans la jungle des Sangha. Kalika m'a par ailleurs confirmé qu'il s'agissait d'un lieu de culte fréquenté par les anciens habitants. Au milieu de ces ruines se situe un autel de rituels où sont posées des sculptures des divinités de l'île. On y trouve, par exemple, la statue d'une tortue de mer, l'animal étant considéré comme sacré. Kalika a d'ailleurs suggéré à Matsya de rendre hommage à ce Dieu en particulier, car il était vénéré en tant que protecteur des voyageurs en mer. La prière à adresser n'étant pas des plus simples, je me suis permis de prendre quelques notes. Une fois rendu devant l'autel où reposent les statues de bois des divinités animales, il faut se placer devant la sculpture de la tortue et déclarer : “Ô Dieu qui arpente la mer et la terre !”, afin de recevoir sa bénédiction. Le pèlerin doit ensuite effectuer deux tours complets autour de l'autel dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, et terminer le rituel en s'inclinant devant la statue de la tortue. D'ailleurs, plusieurs statues de divinités ont été disposées le long des ruines, et je me demande si leur ordre ne serait pas tout aussi significatif... Quoi qu'il en soit, il est intéressant de constater que tout comme à Radz-at-Han de nos jours, les croyances religieuses d'Aloalo faisaient partie intégrante de la vie quotidienne.
Les yeux de Mère 6.25 Comment diable un pilleur de tombes est-il parvenu à s'introduire dans une salle au trésor aussi pro­fon­dé­ment enfouie ? Hormis la porte d'entrée principale, elle ne disposait pourtant d'aucune autre voie d'accès ! Tout du moins pas d'après nos observations, mais l'honnêteté exige d'admettre que nous ne sommes pas au fait de toutes les spécificités de l'architecture sildienne, surtout lorsqu'il s'agit d'une con­struc­tion telle que le palais du sultan. Quoi qu'il en soit, il nous est difficile d'effacer de notre mémoire le contenu du message laissé par ce mystérieux intrus. Il faisait assurément référence à la nashachite... Serait-ce un indice permettant d'accéder à une salle secrète ? La simple mention de ce minerai précieux éveille en nous des souvenirs assez délicats... Lors des divers travaux de recon­struc­tion qui ont suivi les dégâts causés par le septième fléau, les joailliers uldiens ont découvert une malachite de très haute qualité dans les Mines de Clochecuivre qui venaient de rouvrir. Ce sont eux qui l'ont baptisée “nashachite”. Nous ne leur en aurions pas tenu rigueur si Mère avait encore été en pleine santé, mais réutiliser son nom dans un but mercantile alors qu'elle n'était plus de ce monde nous parut être une faute de goût évidente, voire un manque de respect. Et puis un jour, on nous présenta les pierres précieuses en question. À notre grande surprise, leur douce lueur nous rappela im­mé­dia­te­ment les beaux yeux verts de Mère, source de son regard si bien­veil­lant. Nous fûmes alors bien obligée d'admettre que nos joailliers avaient été par­ti­cu­liè­rement inspirés...
Rassemblés sous l'Incalculable 6.51 “On trouve des arbres immenses à Thavnair, mais rien qui n'égale ce que j'ai pu voir sur Aloalo ! Est-ce dû à l'influence du fameux joyau ?” L'arbre géant étendait déjà ses branches vers les cieux lorsque Kalika est né. Des habitants férus d'arithmétique se sont rassemblés petit à petit autour du tronc et ont fondé un hameau. On raconte qu'ils cherchaient à découvrir la nature du pouvoir émanant du joyau de la prêtresse, en l'analysant d'un point de vue mathématique. Ce sont ces recherches qui les ont motivés à graver de nombreux cercles magiques sur le tronc et les branches de l'arbre. Parmi ceux mentionnés par Kalika, j'ai été intrigué par celui qui favorisait la croissance des plantes en extrayant l'éther du sang des créatures magiques. Selon l'oiseau, en sacrifiant quatre monstres, les arithméticiens pouvaient faire pousser les branches de l'Incalculable. Si cette histoire est avérée, cela pourrait ouvrir de nouvelles voies à explorer pour mes compagnons. Toutefois, une chose piquait mon attention au plus haut point : si ces savants souhaitaient tant étudier le joyau de la prêtresse, pourquoi ne pas habiter au plus près du sanctuaire où repose la statue ? Kalika me rétorqua que le peuple oublié avait vraisemblablement déployé une puissante magie autour des lieux, diffusant un brouillard épais qui empêchait quiconque de s'approcher du site sacré. Les arithméticiens voulaient créer des outils magiques pour franchir ce brouillard, et s'installèrent en premier lieu près de l'arbre. Mais ils s'y sentirent tellement à l'aise qu'ils choisirent d'y rester même une fois leurs recherches terminées.
Terres d'abondance 7.45 “Le jeune camelot continue son chemin vers le palais abandonné, les joues caressées par une brise parfumée de verdure...” Les Contes du Camelot sont un célèbre recueil de fables corvosiennes, une région méridionale du continent d'Ilsabard. Ces histoires nées de la plume d'un auteur inconnu, dont l'édition originale remonte à plusieurs siècles, sont encore populaires auprès des enfants du Proche-Orient grâce à leur contenu qui varie selon les époques et les lieux où elles sont racontées. Avant de m'engager dans cette aventure, j'ai examiné plusieurs variantes du récit conservées au Noumène. Bien que certaines versions diffèrent considérablement dans leur progression et leur dénouement, la trame principale demeure inchangée : “Un jeune camelot part en quête d'un trésor pour prouver son amour à l'élue de son cœur”. La région de Corvos est toujours le théâtre central de l'intrigue, décrite comme “un endroit magnifique où des plaines luxuriantes s'étendent à perte de vue”. C'est une repré­sen­ta­tion fidèle de cette région qui est réputée pour son climat tempéré, ses terres fertiles et ses récoltes abondantes. Malgré l'opulence du lieu, le palais que nous avons exploré était étonnamment vide. On retrouve souvent le thème sous-jacent des ruines abandonnées dans les Contes du Camelot. Parfois, ce palais est même remplacé par un hameau ravagé par des créatures inconnues. Peut-être l'objectif est-il de tenir les lecteurs en haleine en leur transmettant la crainte de la nature et des monstres mystérieux qui la composent.
Ul'dah et Sil'dih 6.25 Jadis, la scission de l'antique cité de Belah'dia donna naissance à deux nouvelles entités : Ul'dah et Sil'dih. D'après les recueils d'histoire, au bout d'un rude conflit, les Sildiens connurent une fin atroce sous l'emprise d'une poudre putréfactrice qui les décima au complet. La nouvelle capitale, notre belle Ul'dah, fut ensuite fondée sur les décombres de sa jumelle, mais ces derniers peuvent encore être aperçus çà et là autour de la cité, et plus par­ti­cu­liè­rement dans ses souterrains. Les ins­tal­la­tions qui y avaient été construites prouvèrent qu'elles pouvaient encore être très utiles pour faire circuler l'eau dans les environs ; elles furent na­tu­rel­le­ment baptisées les “canalisations sildiennes”. L'ironie de ce nom ne manqua pas de frapper les esprits les plus aiguisés, puisque l'antagonisme entre Uldiens et Sildiens avait émergé en raison de disputes autour des sources d'eau. Il n'y a rien de foncièrement surprenant à ce que ces canalisations mènent à d'autres vestiges de Sil'dih, mais en les parcourant, nous ne nous imaginions pas mettre sou­dai­ne­ment les pieds dans le palais abandonné ! S'il avait été situé à la surface, les vents brûlants du Thanalan auraient depuis longtemps provoqué son érosion, mais grâce à l'atmosphère plus clémente des profondeurs, il est en quelque sorte resté figé dans un passé révolu. Voilà le genre de découverte que nous ne ferons cer­tai­ne­ment qu'une fois dans notre vie ! Un palais aussi bien conservé fera à coup sûr le bonheur de nos archéologues, pour autant qu'ils puissent parvenir jusqu'à lui sans encombre. Aménager une voie d'accès aussi sûre et rapide que possible doit désormais faire partie de nos priorités.
Un combat politique 6.25 Si l'on admet que le camp de Zahar'ak, construit par les Amalj'aa à l'époque de la grande chasse aux zombis, était leur fief principal, alors ce que nous avons découvert dans les canalisations sildiennes était sans doute un avant-poste. Une découverte loin d'être anodine, puisque c'est la clef de nos parents qui permet d'y accéder ; et que le journal laissé par Père après son décès mentionnait l'existence d'une “preuve formelle de notre alliance passée avec les Amalj'aa”. Tout au long de sa vie, Père a été un fervent opposant à la loi bannissant les hommes-bêtes de la cité. Ce sont les monétaristes qui, dans leur propre intérêt, en avaient forcé la promulgation, contre sa volonté de sultan et avec l'appui du Cartel des Scorpions. À ce que l'on raconte, Père avait tenté de mobiliser l'opinion publique contre ladite loi, s'engageant à présenter non pas des écrits ou des rapports facilement falsifiables, mais une preuve tangible et incontestable d'un combat mené aux côtés des Amalj'aa, censée faire pencher la balance en faveur de la réconciliation. Hélas, un “accident” l'emporta avant qu'il n'achève sa lutte. Quelle était cette “preuve formelle” et où se trouve-t-elle ? Aujourd'hui encore, nous sommes incapable de répondre à ces questions. Peut-être découvrirons-nous des indices au sein de ce fameux avant-poste... À y repenser, nous n'avons jamais vraiment pu aider nos parents... Mais à présent que la paix avec les Amalj'aa semble plus que jamais à portée de main, nous aimerions pouvoir accomplir l'idéal de Père à sa place. Encore faut-il mettre la main sur cette “preuve”...
Un familier pas comme les autres 6.51 “Cette vilaine fée nous en aura fait voir de toutes les couleurs ! J'espère qu'on ne la croisera plus jamais...” La créature dont parlait Matsya est un familier magique connu sous le nom de Statice. Kalika a lui aussi été confronté à ses frasques : elle l'avait pris en chasse avec ses étranges jouets pour tenter de le capturer. Quel être fourbe et malicieux... Je me demande s'il n'existe pas un moyen d'éviter ses pièges. D'après notre ami à plumes, lorsque la cité de Nym disparut emportée par le sixième fléau, de nombreux érudits militaires trouvèrent refuge à Aloalo, ce qui explique comment des fées ont pu également se retrouver sur l'île. En temps normal, quand un mage décède, les créatures qu'il a pu invoquer finissent par s'évanouir à leur tour, faute d'éther pour les alimenter. J'en déduis que Statice a trouvé le moyen de s'approvisionner en éther d'elle-même, et je suppute même que cela est lié au joyau de la prêtresse et à son pouvoir de croissance. La technique d'invocation qui permit de matérialiser cette fée dans notre monde est la forme originelle du fameux Carbuncle dont se servent les arcanistes de nos jours. Il est d'ailleurs bon à savoir que si l'on remonte encore plus loin dans le passé, on constate que le “peuple oublié” usait également d'une magie similaire pour contrôler des familiers sculptés dans le bois.
Une fée ardente 7.45 “Lorsque la fée se leva d'un bond, les environs furent sou­dai­ne­ment engloutis par des flammes dévorantes.” Le dernier obstacle sur notre route était un duo qui se complétait à merveille : une fée paresseuse et son fidèle tapis. Au moindre signe d'irritation, cette châtelaine nonchalante abattait sur nous une pluie de feu dévastatrice. Compte tenu de la puissance de ses attaques, je me demande parfois ce qu'il se serait passé si nous l'avions vraiment énervée... Mieux vaut cer­tai­ne­ment ne pas y penser. Selon une légende largement répandue dans le Proche-Orient, un roi de la région de Corvos aurait contraint une fée à lui con­fec­tion­ner un tapis magique. Vaincre un adversaire aussi redoutable n'est déjà pas une mince affaire, mais comment ce roi aurait-il pu contraindre une fée aussi paresseuse à travailler ? D'autres récits semblables évoquent des procédures compliquées pour conclure un pacte d'allégeance. Dans les grandes lignes, il faudrait d'abord commencer par approcher la fée avec des gestes amicaux, prononcer ensuite une formule spécifique, et enfin lui présenter une œuvre d'art capable de l'émouvoir... Cependant, je n'arrive pas à imaginer cette *fée-néante* éprouver le moindre intérêt pour ces simagrées.
Une manne marine 7.45 “De son œil averti, le camelot contemplait cette mer comme on admire une montagne de trésors.” Certes, je me pâme facilement devant un beau paysage, mais je vous jure que celui-ci valait son pesant d'or : imaginez une mer parsemée d'algues touffues où s'ébat une myriade de poissons aux écailles irisées, quand ce ne sont pas d'énormes crabes agitant leurs grosses pinces... En un mot comme en cent, un garde-manger à ciel ouvert. Un chef cuisinier trouverait là assez de vivres pour concocter un menu cinq étoiles complet. Or, malgré des coins poissonneux en veux-tu en voilà, nous n'avons croisé aucun pêcheur au cours de nos pérégrinations, seulement des monstres belliqueux – je suis d'ailleurs bien contente, moi qui suis à peu près aussi douée au combat que le protagoniste des Contes du Camelot, d'avoir pu confier ma protection à un foudre de guerre. Peut-être qu'il y avait bien des villages de pêcheurs alentour, et que nous avons simplement manqué de chance. Dommage, j'aurais aimé avoir un aperçu du quotidien de ces gens, et notamment de la façon dont ils sélectionnent et cuisinent les fruits de mer...
Une preuve d'amour 6.51 “J'imaginais qu'en visitant l'arbre géant d'Aloalo, on pourrait tomber sur d'autres oiseaux dotés de parole comme Kalika, mais il faut croire qu'il est le seul !” Lorsque notre ami à plumes entendit ces mots sortir de la bouche de Matsya, il s'exclama fièrement qu'il était le seul et unique passereau capable de manier la langue des Hommes. Toutefois, ce type d'oiseau vit sur Aloalo depuis si longtemps qu'il est même devenu l'objet d'un culte. J'ai alors saisi ma chance, pensant ainsi améliorer ma relation avec Kalika, et lui ai demandé s'il existait une prière spécifique dédiée au passereau. Le rituel n'étant pas des plus aisés, j'ai pris la peine d'écrire quelques notes. Une fois rendu jusqu'à l'autel où reposent les statues de bois des divinités animales, il faut se placer devant la sculpture du passereau et déclarer : “Ô Dieu qui virevolte dans les cieux !”, afin de recevoir sa bénédiction. Il faut ensuite envoyer un baiser à la statue, puis entamer un tour complet autour de l'autel dans le sens des aiguilles d'une montre, et terminer le rituel par une danse devant la statue du passereau. Par curiosité, j'ai moi-même envoyé un baiser à Kalika pour voir si je pouvais obtenir la bénédiction du Dieu, mais le volatile m'a simplement gratifié d'un long soupir empli de gêne... Dire que j'ai mis tout mon cœur à le remettre sur pied, ce petit ingrat ! Mais il est si adorable que je suis incapable de lui en vouloir bien longtemps. Je me demande si sa gratitude dépend directement de la qualité de mes repas... Peut-être fallait-il plutôt le couvrir de bisous tous les jours ? Ou alors... (S'épanche avec longueur sur son amour pour la créature à plumes)
Une question de fierté 6.25 Dans l'espoir de trouver quelque ren­sei­gne­ment utile, nous avons épluché les documents d'archives du palais concernant l'histoire de Sil'dih. Hélas, les rapports officiels contiennent, sans surprise, très peu d'in­for­ma­tions nouvelles. Notre seule découverte intéressante est le témoignage d'un soldat uldien ayant combattu avec les Amalj'aa durant la grande chasse aux zombis. Il y décrit une coopération loin d'être évidente, la faute à des divergences majeures dans la façon d'approcher le combat. À l'époque, les canalisations sildiennes étaient envahies par d'innombrables zombis de taille et de force variables. Du point de vue du soldat, il était logique de s'attaquer en priorité aux plus faibles afin d'élaguer rapidement les rangs ennemis. Or, les Amalj'aa ne l'entendaient pas de cette oreille, et allaient systématiquement vers l'adversaire le plus coriace du lot en premier. Il leur demanda pourquoi ; ils répondirent qu'il s'agissait pour eux d'une manière d'afficher leur force, et que l'approche inverse ne pouvait que trahir un manque de confiance en soi. Chacun aurait finalement respecté l'opinion de l'autre, et combattu selon sa préférence ; autrement dit, les Uldiens ont d'abord attaqué les zombis les plus faibles. Nous ne savons pas si cette information s'avérera utile, mais nous tenions tout de même à la noter, à tout hasard...
À deux, au soleil 6.25 Lui était le sultan d'Ul'dah. Elle, la fille d'une modeste famille de marchands. Leur rencontre eut lieu lors d'un banquet d'affaires organisé au palais ; d'après eux, ce fut aussitôt le coup de foudre. Romantique, n'est-ce pas ? Et ce n'est pas tout : avant de s'unir, nos parents avaient, semble-t-il, pris l'habitude de se retrouver en privé dans leur “jardin secret” ; un lieu pro­fon­dé­ment enfoui sous la terre, mais pourtant ensoleillé, et même fleuri... exactement comme le coin de verdure que nous avons découvert au fond des canalisations sildiennes. Par la suite, leurs fiançailles furent annoncées, et beaucoup d'Uldiens s'interrogèrent sur le lieu de demande en mariage du sultan... Des petits malins en auraient même profité pour prendre les paris, preuve s'il en est que nos concitoyens ont toujours eu le commerce dans le sang ! Malgré tout, personne ne découvrit jamais l'endroit en question, et on comprend facilement pourquoi. Pour notre part, nous retiendrons cette image : celle de Père et de Mère passant un moment privilégié, dans leur petit coin de paradis caché sous le sable ardent du Thanalan... Rien que d'y penser, nous en avons le sourire aux lèvres. Après tant d'années, il était temps que leur souvenir nous évoque enfin des sentiments joyeux...
À la lumière des lanternes fantômes 6.45 Cela se passe toujours un soir où la lune est couverte par les nuages. Des samouraïs effectuent leur ronde nocturne le long de ruelles obscures, lorsqu'ils aperçoivent au loin la lueur d'une lanterne. Ils s'en approchent, se demandant qui peut bien être encore éveillé à une heure aussi tardive. Cependant, ils ne découvrent personne sur place, seulement une lanterne allumée, posée là, sur le sol. Interloqué – et craignant surtout que l'objet ne déclenche un incendie – l'un des samouraïs tente de s'en saisir. C'est alors qu'une myriade de feux follets apparaît autour de lui. Puis un rire sinistre retentit, comme pour se moquer des samouraïs qui, à présent, tremblent de peur. Enfin, la lanterne s'éteint tout à coup, laissant à nouveau régner le silence et la pénombre... comme si rien ne s'était passé. Voilà en bref l'histoire de la lanterne fantôme, une légende urbaine populaire en Hingashi. Dans la plupart des versions, les esprits guetteurs se contentent de surprendre leurs victimes. Mais ceux du mont Rokkon attaquent carrément les visiteurs, ce qui est plutôt surprenant... Tokimori m'a expliqué que le vieux moine ayant de tout temps utilisé ces lanternes, on peut donc en conclure qu'elles tentaient de protéger le Shôjôin des intrus que nous sommes. À propos, j'ai examiné l'une d'elles (après qu'elle est redevenue un objet inanimé, bien sûr). J'ai remarqué dessus une inscription en langue orientale, dont voici la traduction : “Suivez les balises qui éclairent le crépuscule, observez le rite du dieu du feu et éclairez le chemin doré.” Je serais curieux de savoir à quoi ces mots font précisément allusion.